Thursday, March 11, 2010

Hidden From History: The Canadian Holocaust

Pourquoi les excuses sont-elles fausses et trompeuses ?
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Pourquoi les excuses sont-elles fausses et trompeuses ?
Amener l¹humanité à se pencher sur l¹atrocité des Ecoles Résidentielles.

par le Rev. Kevin Annett

³Déchirez vos coeurs et non vos vêtements² (Joel 2:17)

Imaginez un simple instant que votre enfant disparaisse et ne revienne jamais à la maison. Les années passent jusqu¹à ce qu¹un jour, après avoir été identifiée, la personne responsable de la mort de votre enfant échappe à l¹arrestation comme à l¹emprisonnement en s¹excusant tout simplement auprès de vous pour votre perte et va même jusqu¹à vous proposer de se réconcilier avec vous..

Que ressentiriez-vous ?

Sans vous départir de ce sentiment, multipliez maintenant votre perte par des milliers d¹enfants et faites vous à l¹idée que la personne coupable n¹est autre que le gouvernement et les églises du Canada.
C¹est en proçédant de la sorte que vous arriverez à saisir, au plan humain, toute l¹atrocité des écoles résidentielles indiennes.

L¹un de mes anciens paroissiens voit le problème autrement:

³Ce que nous avons fait à ces enfants autochtones était une abomination et les abominations ne se résolvent ni avec des mots ni avec de l¹argent. Nos coeurs doivent être déchirés en deux et être changés. Quant à nous, nous devons nous soumettre au jugement de Dieu.²

Je doute que Stephen Harper (Premier Ministre du Canada) se satisfasse d¹une excuse si ses propres enfants étaient enlevés et tués pour avoir pratiqué la religion chrétienne.

Pourtant, le 11 Juin 2008, il se lévera en notre nom et tentera de s¹excuser auprès des nations autochtones pour avoir exterminé leurs enfants.

Cette démarche semble plus que risible voire même obscène car après tout, on ne peut s¹excuser auprès des morts. La vérité est que les excuses que le gouvernement projette d¹offrir au peuple autochtone ne constituent en fait qu¹une vaste duperie, une illusion.

Connaissons-nous même la signification exacte de cette expression si facilement utilisée ³faire des excuses² ?

Si l¹on en croit la définition fournie par le dictionnaire d¹internet, cette expression possède une double signification: a) ³la reconnaissance du regret pour une faute ou une offense commise² et b) ³la justification formelle, la défense ou l¹excuse invoquée pour une action commise².

Selon notre compréhension vernaculaire de ce terme, une ³excuse² peut donc être aussi bien l¹expression d¹un véritable regret pour des actes commis mais cela peut tout aussi bien être une façon d¹éluder toute responsabilité pour de tels actes en se justifiant devant la victime.

Au plan juridique, la définition de ce terme est cependant plus spécifique et n¹a rien à voir avec l¹expression d¹un regret:  ³l¹excuse² y est simplement définie comme étant ³ une dénégation d¹erreur ou d¹offense commise intentionnellement².

Une dénégation.

Maintenant comme il le revendique lui-même ³sous l¹autorité de la loi² je suppose que le gouvernement du Canada s¹appuie sur des définitions juridiques plutôt que sur leur sens populaire. Force nous est donc de considérer que lorsque, par la voix de son Premier Ministre,  le gouvernement utilise le terme ³excuse², c¹est la définition juridique qui l¹emporte, à savoir: ³ une dénégation d¹erreur ou d¹offense commise intentionnellement².

En d¹autres termes, le 11 Juin, Stephen Harper s¹adressera au monde pour dénier le caractére intentionnel de l¹offense commise au sein des écoles résidentielles indiennes.

Il ne sera d¹ailleurs pas surprenant que le Premier Ministre fasse une déclaration aussi scandaleuse qu¹insupportable étant donné qu¹il n¹a jamais reconnu le caractère intentionnel des abus commis dans les internats indiens; il serait le premier accusé dans le cadre d¹un procès international pour crimes de guerre.

Mais plus important encore, cet effort fait par notre gouvernement -et les églises qu¹il protège - pour être absous de ses propres crimes s¹effectue sous le prétexte illusoire de faire amende honorable auprès des autochtones alors que son seul but est de se disculper légalement de sa culpabilité dans la mort de milliers d¹enfants.

Ceci fut en effet la norme, tant au niveau de l¹église qu¹à celui de l¹état, depuis le premier proçès lançé par des survivants d¹écoles résidentielles en Février 1996. Une armée de spécialistes en droit et d¹experts juridiques s¹est mise en devoir de produire une montagne de ³dénégations d¹holocauste² à chaque niveau de la société canadienne au cours des douzes dernières années afin de convaincre le monde que la mort quotidienne et la torture au sein des internats indiens n¹était pas du tout intentionnelle.

 

Un tel ordre du jour ³apologétique² défie tant la logique que le bon sens dans la mesure où malgré la preuve faite que des enfants pensionnaires des internats étaient ensevelis à quatre ou cinq par tombe et que le taux de mortalité de cinquante pour cent resta constant durant plus de quarante ans, ces déçèsd n¹étaient pas ³intentionnels² si l¹on en croit les déclarations des membres de la si malnommée ³Commission de Vérité et de Réconciliation² gouvernementale.

 

Pour croire celà, il convient d¹ignorer les preuves avançées par d¹anciens membres officiels du gouvernement tel le Dr Peter Bryce qui découvrit que les enfants étaient régulièrement et ³délibérément exposés aux maladies contagieuses² et abandonnés sans soins jusqu¹à ce que mort s¹ensuive. Le mot employé par Bryce était bien ³délibérément². Comment expliquer d¹ailleurs autrement la mort de tant d¹enfants ?

 

Cette danse officielle du cerceau alliée à l¹évasion des  responsabilités peut avoir un sens pour le gouvernement et finançer les salaires de ses mercenaires intellectuels mais n¹avance en rien la cause de la vérité et de l¹humanité au Canada et efface encore plus rapidement  le sort fatal de nos victimes.

Je connais trop bien tout cela  après avoir passé la plupart de mon temps durant des années comme conseiller, avocat et chroniqueur pour de nombreux survivants autochtones des camps de la mort comme nous appellons les écoles résidentielles. Ce que j¹ai appris d¹un tel travail c¹est qu¹il est impossible d¹avoir prise sur quelque chose que nous ne comprenons pas.

La vérité est que, tant au niveau ³mental² qu¹au niveau du ³coeur², la société euro-canadienne ne comprends toujours pas ce qu¹étaient réellement ces ³écoles². Si l¹on en croit les officiels des églises  et du gouvernement, la question des internats ne se résume qu¹en termes d¹argent et de gymnastique verbale. Pour autant que je le sache, aucun de ces officiels ne s¹est effondré en public en pleurant sur le sort de tant d¹innocents et n¹a pas non plus proposé de rendre leurs restes à leurs familles aux fins de recevoir une sépulture décente.

 

Assez curieusement, les mêmes officiels parlent en permanence et avec aisance de la ³guérison du passé² sans même connaître leur propre histoire et de ³solutions² au ³problème des pensionnats indiens² comme s¹ils comprenaient la nature du problème sans réaliser , pour citer William Shakespeare, que ³La faute, cher Brutus, n¹est pas dans nos étoiles, mais en nous-mêmes²

 

En vérité, il n¹y a pas et il n¹y a jamais eu de ³problème indien² au Canada. Plutôt un problème ³blanc². C¹est nous le problème.

 

Pour prouver ce point, nul besoin pour moi de mentionner l¹effondrement des éco-systèmes, la présence de troupes en Afghanistan ni même le paradoxe que constitue le fait que des hommes et des femmes instruits possédant tant leurs propres familles qu¹une éducation de ³moralité chrétienne² sont capables d¹enfonçer des aiguilles dans la langues de jeunes enfants pensionnaires des internats, de jeter des petits de trois ans dans des escaliers, de stériliser des gamins en bonne santé et de laisser délibérément des enfants périr de tuberculose avant de les ensevelir dans le plus grand secret.

 

Plus immédiat et beaucoup plus proche de nous, le coeur du problème réside dans la ségrégation continue dont nous faisons preuve à l¹encontre des autochtones en les classant dans une catégorie inférieure d¹humanité où le taux de mortalité est quinze fois supérieur à celui des autres habitants de ce pays.

 

Après tout, si nous autres Canadiens sommes réellement ce que nous imaginons être - une société éclairée qui ³assimila² les autochtones au point d¹en faire nos égaux - comment se fait-il que pas une simple personne ne fut déférée devant la justice après la mort d¹un seul des enfants internés dans les pensionats indiens ? Pourquoi la disparition de dizaines de milliers d¹enfants autochtones dans ces écoles ne donne-t-elle pas lieu une enquête criminelle majeure ? Et pourquoi existe-t-il un Acte sur les  Indiens et non un Acte sur les Irlandais ou sur les Italiens ?

Constituant en réalité une société officieuse d¹apartheid qui fonctionne dans la pratique avec deux niveaux de justice - un pour les autochtones et l¹autre pour le reste d¹entre-nous - le Canada ne peut pas plus faire face à l¹héritage des pensionnats indiens qu¹il ne peut arrêter de gâcher la nature pour le confort et le profit à court terme. Tout au moins pas sans une révolution morale et sociale fondamentale.

Le fait que nous sommes loin d¹un tel changement me frappa brutalement il y a quelques mois lorsque la frauduleuse ³Commission de Vérité et de Réconciliation² gouvernementale annonça que bien que des actes criminels aient été effectivement commis dans les internats, ceux-ci ne donneraient lieu à aucune enquête criminelle au niveau de ces écoles: une cynique subversion de la justice qui n¹entraîna pas un seul murmure de protestation dans les medias ou parmi les bons citoyens et les personnages politiques du Canada.

 

Ceci mis à part, il est des choses qui peuvent être faites pour surmonter les séquelles douloureuses du génocide commis dans les écoles résidentielles et rendre justice aux survivants.

Plutôt que de formuler des ³excuses² verbales qui ne changent rien ou de mettre en scène une ³Commission de Vérité et de Réconciliation² factice qui ne dispose d¹aucun pouvoir, même pas celui d¹admettre l¹évidence, le gouvernement et nous tous pourrions nous attacher à prendre quelques mesures courageuses du genre de celles-ci:

 

1. Déclarer officiellement une journée nationale du souvenir pour toutes les victimes décédées et survivantes des écoles résidentielles.

 

2. Faire l¹entière révélation de ce qui s¹est réellement passé dans les écoles résidentielles en désignant les crimes, leurs auteurs et les responsables de leur dissimulation via la mise en place d¹un tribunal international de crimes de guerre disposant du pouvoir d¹assigner, d¹arrêter et de juger les responsables.

 

3. Rapatrier les restes de tous les enfants décédés dans ces écoles afin qu¹ils puissent recevoir une sépulture décente et établir des sites commémoratifs publics en leur souvenir.

 

4. Créer des musées nationaux dédiés à l¹holocauste des peuples autochtones

 

5. Mettre fin à l¹exonération fiscale fédérale des églises catholique, anglicane et unie du Canada en accord avec les principes juridiques de Nuremberg relatifs aux organisations complices de crimes contre l¹humanité.

 

6. Supprimer l¹Acte sur les Indiens et le Ministère des Affaires Indiennes et du Nord Canada.

 

7. Reconnaître la souveraineté des nations autochtones et leur rendre toutes les terres volées et les ressources afférentes.

Une parente irlandaise me disait une fois que la façon avec laquelle son pays se relevait de huit siècles de guerre se résumait par une formule toute simple:

 

³D¹abord vous vous souvenez, ensuite vous pleurez puis vous guerrissez²

 

Au lieu de sauter les deux premières étapes comme tente de le faire Mr Harper et trop de gens chez nous ³en s¹excusant², il serait grand temps que nous autres Canadiens trouvions le courage de nous souvenir et de reconnaître face au monde ce que nous avons fait aux peuples premiers de ce pays à la façon de ceux qui déchirent leur coeur et désirent changer.

 

Peut-être alors les termes de ³guérison et réconciliation² deviendront-ils autre chose qu¹une rengaine politique usée d¹avoir trop servi.

 

Rev. Kevin D. Annett
260 Kennedy St.
Nanaimo, B.C. V9R 2H8
250-753-3345


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